Verts de Meyrin-CointrinPierre-Alain Tschudi

Conseiller administratif de la Ville de Meyrin

Verts de Meyrin-Cointrin

MEMORIAL
Session ordinaire no. 14
de l'Assemblée constituante
Salle du Grand Conseil - 2, rue de l'Hôtel-de-Ville
Jeudi 24 juin 2010

M. Soli Pardo. Merci beaucoup Monsieur le président, chères collègues, chers collègues. Je suis un peu consterné, j’ai l’impression que la plus grande partie des personnes qui sont dans cette salle ont la crainte que les gens aillent voter et que le plus grand nombre possible de gens aille voter. Cela a l’air de déclencher une angoisse, une incroyable peur, mais cela m’étonne et cela m’échappe. Pour répondre à M. Demole, si la thèse de minorité de l’UDC délègue au législateur le soin de fixer une éventuelle sanction, c’est tout simplement parce qu’il appartient au législateur de décider s’il y aura une sanction ou pas, ou peut-être une incitation. On peut imaginer, peut-être que cela sera plus simple que d’encaisser une amende, que celui qui va voter régulièrement durant l’année, peut déduire Frs 50.- ou Frs 100.- de ses impôts, ce qui l’incitera à voter ; cela sera une incitation symbolique, s’il en paie, je vous remercie.

Le président. (...) La parole est à M. Pierre-Alain Tschudi pour les Ecologistes.

M. Pierre-Alain Tschudi. Oui, merci Monsieur le président. J’aimerais tout de suite répondre à M. Soli Pardo. Je crois qu’ici, nous aurions tous terriblement envie d’être élus par 80 % de l’électorat et que l’électorat se déplace en masse lorsque nous sommes candidats. On a tous envie, lorsqu’on lance une initiative, qu’elle suscite un intérêt majeur dans la population et que les gens participent massivement. Je ne crois pas que certains aient peur et que d’autres souhaitent qu’on ait une meilleure participation. Par contre, on a deux approches totalement différentes. L’une est de dire que pour que les gens votent, on va créer une obligation. Et il faut vous dire une chose claire : si on crée une obligation, il faut aussi sanctionner son non-respect ; sinon, on donne un très mauvais message ; on dit qu’il y a des lois mais que finalement, cela n’est pas si important de les appliquer. Donc, qui dit obligation, dit forcément sanction d’un non-respect. Alors, que ce soit une sanction ou un « susucre » qu’on donnerait à ceux qui respecteraient l’obligation de voter, dans les deux cas, je trouve que ce serait bien triste pour la démocratie, si c’est cela la motivation de l’électorat. Et donc on serait une triste démocratie. L’autre approche est de donner aux gens envie de voter. Et pour que les gens aient envie de voter, il faut qu’ils puissent se forger clairement un  point de vue. Et pour se forger clairement un point de vue, il faut un débat de société. Et ce débat de société, il n’est pas toujours aisé aujourd’hui. Et c’est pourquoi ici, dans notre Assemblée, certains voulaient soutenir une thèse qui reconnaissait la contribution des partis, des associations et du tissu associatif dans ce Meinungsbildungsprozess ; je n’ai pas trouvé de bonne traduction mais, dans ce processus d’élaboration de points de vue - voyez, c’est lourd le français parfois. Et c’est pour cela aussi que d’autres voulaient soutenir une thèse qui demandait à l’Etat de mettre en œuvre une politique de soutien et d’encouragement à l’engagement civique. Cela, c’est l’approche qui permet aux gens de se forger un point de vue et qui donne une envie de politique et de participation. Et là, on aura une démocratie vivante et réelle et non pas une démocratie basée sur un “susucre” ou une sanction.